N'djamena : Caisse Nationale des Retraités du Tchad : Le casse-tête militaire

La situation confuse engendrée par les conflits du Tchad a généré une situation inextricable dans la gestion des retraités militaires. par Djéndoroum Mbaïninga (N'djamena bihebdo), le 9/25/2017 7:27:46 PM

Presse Tchadienne

La première grande épreuve de la Cnrt au début de son existence, a été la gestion des retraités militaires et de leurs très nombreuses veuves. Avec la prise de pouvoir du Mps, les militaires de carrière et ceux qui proviennent de différents mouvements politico-militaires sont mis dans le même sac, payés aux mêmes forfaits et bénéficiant des mêmes droits à la retraite.
Si les militaires de carrière n’avaient pas cotisé pour leur pension depuis 1979, faute de salaires à proprement parler, car ils recevaient des forfaits, le problème était plus aigu pour les combattants issus des mouvements politico-militaires reversés dans l’armée et qui n’ont aucun dossier à la fonction publique et par conséquent n’ont jamais cotisé pour la pension. Les pressions politiques ont obligé les premiers responsables de la caisse à intégrer dans les pensions, tous les retraités militaires sans distinction. En effet le décret 520/PR/MDPRC-DNACVG/92 du 24 septembre 1992 fixant les conditions de validation des services militaires effectués dans les anciennes armées politico-militaire, a permis aux militaires qui n’ont jamais cotisé pour la pension d’accéder au régime de pension. La Cnrt a été obligée de prendre en compte, dans le calcul de la pension de ces militaires, les années passées dans la rébellion. La situation de cette catégorie de militaires est d’autant plus difficile à gérer que la plupart sont mis en retraite avec des grades élevés et par conséquent d’importants indices salariaux. Cette situation a créé de graves distorsions dans l’application des textes qui régissent les pensions.
Les pensions des militaires ont créé un profond déséquilibre à la Cnrt, dont elle ne parvient pas à en sortir, une vingtaine d’années après. La situation des militaires a été un tel casse-tête pour la Cnrt que les réunions se sont succédé entre les responsables du ministère des finances et ceux de la défense pour trouver solution. Malgré le fait que les militaires ne cotisent pas, le conseil d’administration de la Cnrt s’est vu contraint de leur payer des pensions. Or la contrepartie de cette prise en charge n’existe pas. Les responsables de la Cnrt ont tenté en vain de faire prendre en compte les pensions militaires dans le protocole d’accord avec la coopération française, qui a permis de mettre en œuvre le processus de déflation des militaires en 1992. Mais le secrétariat permanent de réinsertion des militaires déflatés s’est vu confier uniquement l’aspect déflation-réinsertion, mais la contrepartie pour ceux qui vont à la retraite, a été complètement ignorée.
Il fallait à la fois rechercher des financements pour les 6 000 militaires mis à la retraite et cerner le problème du solde indiciaire des cotisations des militaires de carrières qui n’ont pas payé de pensions depuis 1979. A défaut d’intégrer la retraite des militaires dans le protocole d’accord avec la coopération française, l’Etat est appelé à accorder une subvention pour compenser le manque à gagner des cotisations des militaires. Mais l’Etat n’honorant pas ses engagements à verser des subventions annuelles, bien que budgétisées, un palliatif a été trouvé pour permettre une compensation rétroactive du versement des cotisations de pension des militaires. La caisse retient 1/5 des pensions versées aux militaires, mais cela ne constitue pas une part réelle de cotisation, sans compter qu’elle n’est pas accompagnée de la part patronale, les 10% de l’état qui demeure un problème.
Après bien des années, les pensions des militaires font désormais partie intégrante de la caisse des retraités, même si la Cnrt peine à se montrer à la hauteur du défi.

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