N'djamena : De l’argent jeté au campus de Toukra

Le contrat conclu par le gouvernement avec la société Enertex pour la restauration du restaurant du campus universitaire de Toukra et son entretien sent à plein nez de l’argent jeté, mais qui profite certainement aux individus signataires. par Djéndoroum Mbaïninga (N'djamena bihebdo), le 6/6/2017 4:57:22 PM

Presse Tchadienne

En 2012, deux marchés relatifs aux “prestations de restauration du restaurant universitaire de l’université de N’Djaména - Campus de Toukra” et “la maintenance multi technique” de la même université, ont été attribués sans tambour battant à une société française Enertex enregistrée plutôt au registre du commerce tchadien sous Enertex Tchad. C’est un faramineux contrat gardé sous haute confidentialité du prestataire et de la partie contractante.
Le montant du contrat : 1 308 494 867,79 francs CFA. Il s’inscrit dans l’année, mais renouvelable par tacite reconduction à compter de la date du démarrage. Au bas du contrat, ont lu et approuvé, le prestataire de son sceau “Enertex Sarl Tchad, Nif 9010051 F”, le ministre à la présidence de la République chargé des Infrastructures et équipements, le ministre Sgg, chargé des relations avec l’Assemblée nationale, le ministre des Finances et du budget et enfin le président de la République du Tchad, Idriss Déby Itno. Date de l’approbation, 18 février 2013. Et le contrat porte le n° 24/PR/MCIE/SG/DGBC/DISU/2012. A ce niveau, l’autorité contractante est le ministre des Infrastructures, le prestataire agissant au nom d’Olivier Perruche.
La lecture entre les lignes du contrat révèle une part belle faite au prestataire. Toutes les obligations financières reviennent à l’autorité contractante qui se charge de fournir les locaux où doivent loger le restaurant, son personnel expatrié, les bureaux de la société, son matériel de travail entre autres ustensiles de cuisine, fournitures diverses, logistique, etc. Le contrat prévient que “les prix du présent marché sont fermes la première année et révisibles annuellement suivant l’article 12 des conditions générales”. Sur le délai de paiement, intérêts et moratoires, l’article 12 du contrat est ferme. “Les mandatements dus seront effectués dans un délai usuel de quarante-cinq jours, à partir de la présentation de l’acceptation de la demande de paiement correspondante. Au-delà, le prestataire aura droit au paiement d’intérêts moratoires conformément à l’article 95 du Code des marchés publics”. Le mode de paiement est bancaire. Et en application de l’article 12 cité, 50% d’acompte correspondant à l’avance permanente du montant du marché des prestations seront versés au prestataire à la date du commencement des prestations sur présentation d’une garantie bancaire d’un même montant; et, mensuellement, la somme correspondant à 1/12ème du montant du marché. L’article 14 garantit toute confidentialité du prestataire sur ce contrat. Celui-ci, ravi du marché conclu, s’engage à “ne pas divulguer ces informations confidentielles; à empêcher toute fuite de ces informations confidentielles à l’extérieur de la société, etc.”.
A la date de la signature du contrat, la fréquentation indiquée du restaurant se chiffre à 4200 étudiants boursiers dont 720, semble-t-il, résidents sur le site. Il n’en est rien. Aucun étudiant ne réside sur le site jusqu’alors, les portes du campus sont depuis restées closes.
Mais que mange et boit-on dans ce restaurant? Pas grand-chose, pas de menu spécial, mais ce sont les prestations et l’entretien qui coûtent les yeux de la tête. Les exemples de menus déjeuner et dîner contenu dans le contrat sont entre autres du “poisson sauce moundourou accompagné de pâte, du karkandji sauce oseille accompagné du haricot rouge salé ou sucré; au petit déjeuner: du thé vert, du lait ou café”, etc. Rien de spécial. Mais voilà que le fac similé (1) que voici en donne les détails.
Le plus ahurissant se trouve dans le salaire versé au personnel expatrié en comparaison avec ceux recrutés localement. Par mois, le directeur des exploitations s’offre 8 750.000 francs. Son chef cuisinier expatrié se taille lui, 8.250.000 francs de nos francs dévalués. Aux équipes locales, ce sont des miettes qui parfois n’atteignent pas le Smig de 60.000 francs qui leur sont versées. Deux chefs cuisiniers locaux se partagent à la fin du mois la bagatelle de 391.400 francs. Les salaires réunis des dix gardiens le mois se chiffre à 182.310 francs (voir fac similé (2). Et pour clore la page de ce gâchis financier, jetons un regard sur les facs similés 3 et 4. Sans commentaire.
Aux dernières nouvelles, l’Etat doit une bagatelle de 4 milliards à Enertex. Mais de plus en plus, on parle de la résiliation pure et simple de ce contrat léonien. Vivement, qu’il soit résilié pour le transformer en bourse aux étudiants.

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